LA COMPAGNIE

Créée en 2003 par Isabelle Florido, Nicolas Fagart et François Stemmer, la compagnie a eu pour vocation première la promotion de l’art littéraire. A la lecture, nous avons très vite associé la langue des signes (langue maternelle d’Isabelle Florido) dont nous ne cessons de découvrir depuis 15 ans la richesse, les potentialités théâtrales, la poésie et l’humour.

 

Ainsi sont nés nos Contes-dits-du-bout-des-doigts (Les Musiciens de la Ville de Brême, La Sorcière du Placard aux Balais, Le Joueur de Flûte de Hamelin, Titane et Bougrenette).

La sobriété du dispositif, le caractère burlesque des voix et des signes qui font immédiatement penser à un dessin animé de Tex Avery, leur synchronisation parfaite, l’apparente universalité de cette langue étrange, le moment de partage final à la fois drôle et pédagogique, tout a très vite concouru au succès de cette forme.

 

Avec L’Arbre sans Fin, l’idée de bruitage et d’illustration musicale apparaît. Sobriété, précision et sollicitation de l’imaginaire sont toujours de mise, et les enfants, dès 4 ans, plongent avec ravissement dans l’univers de Claude Ponti.

 

Avec Goupil, puis Ysengrin, la présence de la musique s’affirme, avec la présence d’un univers sonore entièrement créé au violoncelle.

Et c’est toujours avec émerveillement que nous constatons à quel point la juxtaposition d’une langue des signes a priori inconnue du public, d’un texte au vocabulaire soutenu, et d’une partition musicale exigeante mobilisent l’attention des jeunes spectateurs et emportent leur adhésion enthousiaste. 

 

Depuis la création de la compagnie, ce sont plus de 1.200 représentations qui auront été jouées devant plus de 100.000 spectateurs. Le public Sourd répond également présent et accueille avec avidité et jubilation cette opportunité rare d’accéder au patrimoine littéraire français.

 

Notre démarche artistique s’accompagne d’un engagement militant vis-à-vis de la Langue des Signes Française (LSF), reconnue officiellement comme langue à part entière depuis 2005 seulement, et malheureusement encore trop rare dans l’éducation des enfants sourds.

 

Avec Le Petit garçon qui avait mangé trop d’olives, nous ouvrons encore plus grande cette porte entrebâillée sur le monde des Sourds.





Pourquoi Pierre Ménard ?



A cause de Jorge Luis Borges ! Car son œuvre est en perpétuelle référence à d’autres littératures : de celle d’Homère aux contes chinois, en passant par Shakespeare ou Cervantes. Et c’est ainsi que dans sa nouvelle, Pierre Ménard, l’auteur du Quichotte, il imagine, avec beaucoup d’humour, un obscur auteur français qui aurait entrepris, au début du XXe siècle, de réinventer le chef-d’œuvre de Cervantes… Il réussit à en « réécrire » (sans le copier !) trois chapitres à l’identique ! Pour rendre un hommage amusé à Borges (et à Cervantes avec lui) nous sommes donc les compagnons de ce Pierre Ménard : auteur fictif, mais quel auteur !